L’amour après – Marceline Loridan-Ivens

Cela faisait plusieurs mois que je me trouvais face à des romans que je lisais sans déplaisir mais pas non plus avec ma fougue habituelle.

Cet acte de lire est une chose tellement étrange. Quel détail, quel infime détail fait que vous retrouvez le goût de lire, le « vrai » goût de lire ? Celui qui fait vibrer, pleurer, rire, celui qui vous coupe du monde et vous y plonge en même temps ? Il ne s’agit pas seulement du livre que nous avons entre les mains puisqu’il nous arrive à tous, j’imagine, d’avoir conscience de lire un bon roman (et parfois un très bon roman) mais de ne pas le pénétrer. Oui, décidément, l’acte de lire est une chose étrange.

Et quand ce petit goût unique est en train de revenir, voilà une chose bien délicieuse ! Vous l’aurez compris, cette infime chose m’est revenue avec L’amour après de Marceline Loridan-Ivens. Je l’avais vue et écoutée avec grande attention lors d’une émission littéraire à la sortie de ce livre, peu de temps avant sa mort et cette vieille et belle dame m’avait intriguée mais je ne l’avais pas choisie à ce moment-là. Et cet été, cherchant de quoi lire dans notre librairie de villégiature, je me suis arrêtée dessus. Et je l’ai choisie. Sans plus réfléchir. Il était temps !

« […] l’amour est une boucle étrange, ce qui nous a fait aimer l’autre nous le fera quitter. Tout en lui contrastait avec mes tourments. Ses bras m’ouvraient le continent lointain des vies simples, je m’y lovais sans voir que j’allais vers l’opposé de moi-même. » (p.86)

Je crois que je n’ai même pas envie de vous « résumer » ce qui fait ce court récit car il mérite que vous le découvriez comme si vous veniez de mettre la main sur une pépite, presque par mégarde. C’est un livre intime, c’est un livre fort, c’est une livre d’une liberté folle, c’est une « Valise d’amour » (p.28).

Alors qu’importe si je vous raconte la vie de Marceline Loridan-Ivens, vous la connaissez très certainement mieux que moi… qu’importe si j’essaie de dire en quelques mots les thèmes qu’elle aborde, ils sont multiples et tous d’une telle importance ! Sans parler de ce qui est dit en filigrane, l’air de rien. Qu’importe si je dépeins mes propres émotions à la lecture de ses mots à elle… Parce que c’est encore au-delà que les choses se passent, dans une sphère tout en hauteur, dans un espace-temps bien mystérieux, un drôle d’endroit de notre cœur.

 

(L’amour après. Marceline Loridan-Ivens avec Jufith Perrignon. Editions Grasset : 2018 ; collection Le Livre de Poche : 2019)