Week-end à 1000! Le vrai. Bilan du défi à trois…

 

Mais oui! Un petit bilan s’impose tout de même.

Pour M., le défi a été largement réussi … en 23h! 1026 pages. Toute la liste qu’il s’était préparé. Je crois que, contrairement à l’an dernier, il a bien aimé le côté « défi », objectif à atteindre et toutes ses lectures lui ont plu:

Trois romans: Un caillou dans la poche de Marie Chartres, Poils à gratter d’Aurélien Loncke et Destination jeux vidéos (tome 2) de Geneviève Guilbault.

Trois bandes dessinées : L’histoire de France en BD de Dominque Joly et Bruno Heitz (il lui restait 172 pages); La fille de Vercingétorix de Jean-Yves Ferri et Didier Conrad et Verte de Marie Desplechin et Magali le Huche.

Il a donc pu passer le reste de son week-end à jouer puisqu’une fois son objectif atteint, il n’a plus du tout eu envie de lire!

L., de son côté, a finalement dépassé l’objectif de départ ayant changé de stratégie dans les dernières heures du week-end et a réussi à lire 1068 pages!

Elle a lu très vite les deux romans Edgar sacré lascar de Marcus Sedgwick. Puis a terminé le tome 1 du cycle 1 de La Guerre des clans de Erin Hunter (91 pages restantes). Les choses se sont un peu « compliquées » pour elle quand il a fallu attaquer le quatrième ouvrage de sa liste: Gardiens des cités perdues de Shannon Messenger. Elle en a lu 268 pages avec grand plaisir mais elle n’avançait pas assez vite à son goût et avait un peu peur de ne pas réussir le défi! Elle s’est donc lancé dans la lecture d’un autre roman : Strada Zambila de Fanny Chartres (158 pages). A fini par choisir une BD … Pico Bogue légère contrariété de Dominique Roques et Alexis Dormal (48 pages) et elle a fini son défi à 22h le dimanche soir avec Les cavaliers de l’apocadispe (tome 1) de Libon, autre bande dessinée.

Wouah! Ils ont de quoi être fiers. Objectif réussi pour mes deux acolytes, dès la deuxième tentative du week-end à 1000 (8 ans 1/2 et 11 ans 1/2) !

De mon côté, bilan très positif puisque non seulement l’objectif des 1000 pages est atteint (1007 pages!) et que, cette fois-ci, toutes les lectures m’ont plu (sauf une).

J’ai lu 64 pages de Patria, de Fernando Aramburu. Que j’ai, par la suite, mis de côté, car mon cerveau a vraiment du mal à rester connecté longtemps et cela faisait au moins deux ans que je n’avais pas lu en espagnol … Lecture qui donne envie, qui a l’air passionnante, mais ce n’est pas le moment pour moi.

J’ai donc alterné entre BD et récits.

Ressusciter de Christian Bobin, dont j’ai déjà parlé dans la chronique précédente, que je n’ai pas aimé.

« Je me promets d’éclatantes revanches » de Valentine Goby. Récit qui évoque la passion de cette dernière pour la vie et le travail d’écriture de Charlotte Delbo, survivante des camps de concentration qui a « croqué la vie à pleines dents » une fois sortie de l’enfer et restée injustement méconnue pour Valentine Goby. Récit très fort, dont j’aime l’écriture; les écritures… Et qui me donne envie d’aller fouiller du côté de Charlotte delbo, que je ne connaissais pas. J’aime vraiment beaucoup Valentine Goby (vous pouvez aller voir par là ma chronique de Un paquebot dans les arbres).

Et puis il y a eu les quatre tomes de la bande dessinée Quatre soeurs de Cati Baur, d’après Malika Ferdjoukh. Et je remercie mes deux ainées qui me l’ont conseillée… Elles étaient sures d’elles; comme elles connaissent bien leur mère! C’était exactement le moment de lire  et de rencontrer Bettina, Enid, Geneviève, Hortense et Charlie (oui, elles sont cinq frangines!). Lecture(s) mélancolique(s), onirique(s), pleine(s) de douceur et de rebondissements avec quelques larmes versées… Et les dessins, les couleurs, quel délice pour les pupilles. On sent les embruns, le vent, les odeurs de gâteaux dans le four… Je les ai chéries pendant tout un week-end, et elles resteront sûrement longtemps encore dans mon petit coeur, cachées dans un recoin secret. Mon gros coup de coeur de ce week-end à 1000!

Le contraire de un – Erri de Luca

« Maintenant tu le sais, mais alors non : une quantité de courages naissent de la honte et sont plus tenaces que ceux venus des colères qui sont des élans vite refroidis. » (p.16)

Comme cette journée de lecture –malgré deux ou trois moments d’une grande beauté- aura été bien laborieuse, ; un arrière-goût de lassitude, de blues, d’extrême fatigue dans l’air et dans la tête. Je vais mettre cela sur le compte d’une nuit particulièrement chaotique et je me souhaite de me sentir mieux demain (on se parle beaucoup à soi quand on est seul).

Evidemment, qui dit journée « de rien » dit lecture plutôt fade. J’aime l’écriture d’Erri de Luca, pourtant (j’avais notamment été assez bercée par Le plus et le moins, lu il y a exactement un an). Mais je dois bien avouer que, pour une fois, je suis restée presque de marbre devant ses mots.

Est-ce le moment de lecture qui ne collait pas ? Mon état personnel ? Est-ce le genre ? Car Le contraire de un est un recueil qui rassemble vingt nouvelles ; et je ne suis pas une grande adepte des nouvelles. Est-ce la sensation de « re »lire ce que j’ai déjà lu de lui ? Je ne saurais le dire mais j’ai une certitude : je suis malheureusement passée à côté de ce livre.

Et vous ? Serez-vous charmé par son écriture particulièrement maîtrisée et son sens du paradoxe ? Par les descriptions assez incroyables de certaines de ses ascensions en montagne ou des charges de police pendant les manifestations de soixante-neuf en Italie ? Je veux y croire car, je le répète, Erri de Luca est un auteur que j’affectionne. Vraiment.

« Et avant d’arriver à la pièce des troncs, nous serrés l’un contre l’autre dans la voiture, toi tu as cherché ma main sous une couverture et tu l’as gardée. J’ai plissé les yeux pour étrangler le temps. Avec les yeux on y arrive. […] Alors, ta main a été la conjonction « et », la particule qui est entre deux noms et qui les accouple mieux que les étreintes et les baisers. » (p.128)

Et puis, malgré tout, deuxième objectif de la semaine atteint !

(Le contraire de un. Erri de Luca. Editions Gallimard : 2004)

 

L’amour après – Marceline Loridan-Ivens

Cela faisait plusieurs mois que je me trouvais face à des romans que je lisais sans déplaisir mais pas non plus avec ma fougue habituelle.

Cet acte de lire est une chose tellement étrange. Quel détail, quel infime détail fait que vous retrouvez le goût de lire, le « vrai » goût de lire ? Celui qui fait vibrer, pleurer, rire, celui qui vous coupe du monde et vous y plonge en même temps ? Il ne s’agit pas seulement du livre que nous avons entre les mains puisqu’il nous arrive à tous, j’imagine, d’avoir conscience de lire un bon roman (et parfois un très bon roman) mais de ne pas le pénétrer. Oui, décidément, l’acte de lire est une chose étrange.

Et quand ce petit goût unique est en train de revenir, voilà une chose bien délicieuse ! Vous l’aurez compris, cette infime chose m’est revenue avec L’amour après de Marceline Loridan-Ivens. Je l’avais vue et écoutée avec grande attention lors d’une émission littéraire à la sortie de ce livre, peu de temps avant sa mort et cette vieille et belle dame m’avait intriguée mais je ne l’avais pas choisie à ce moment-là. Et cet été, cherchant de quoi lire dans notre librairie de villégiature, je me suis arrêtée dessus. Et je l’ai choisie. Sans plus réfléchir. Il était temps !

« […] l’amour est une boucle étrange, ce qui nous a fait aimer l’autre nous le fera quitter. Tout en lui contrastait avec mes tourments. Ses bras m’ouvraient le continent lointain des vies simples, je m’y lovais sans voir que j’allais vers l’opposé de moi-même. » (p.86)

Je crois que je n’ai même pas envie de vous « résumer » ce qui fait ce court récit car il mérite que vous le découvriez comme si vous veniez de mettre la main sur une pépite, presque par mégarde. C’est un livre intime, c’est un livre fort, c’est une livre d’une liberté folle, c’est une « Valise d’amour » (p.28).

Alors qu’importe si je vous raconte la vie de Marceline Loridan-Ivens, vous la connaissez très certainement mieux que moi… qu’importe si j’essaie de dire en quelques mots les thèmes qu’elle aborde, ils sont multiples et tous d’une telle importance ! Sans parler de ce qui est dit en filigrane, l’air de rien. Qu’importe si je dépeins mes propres émotions à la lecture de ses mots à elle… Parce que c’est encore au-delà que les choses se passent, dans une sphère tout en hauteur, dans un espace-temps bien mystérieux, un drôle d’endroit de notre cœur.

 

(L’amour après. Marceline Loridan-Ivens avec Jufith Perrignon. Editions Grasset : 2018 ; collection Le Livre de Poche : 2019)

 

La tendresse du crawl – Colombe Schneck

 

Se retrouver trente-cinq ans après semble improbable, pour ne pas dire impossible et pourtant, c’est ce qui arrive à Colombe et à Gabriel. Soit, ils n’étaient pas éperdument amoureux l’un de l’autre à l’adolescence, se fréquentaient finalement assez peu. Mais ils se retrouvent malgré tout. Se retrouvent et à l’approche de la cinquantaine s’éprennent l’un de l’autre. Cette idylle –presqu’adolescente pourrions-nous dire- ne durera que quelques mois mais ce temps-là sera celui qui permettra à Colombe de croire à nouveau, un peu, et de se réapproprier son corps, beaucoup ; par le biais de la natation et par celui du sexe aussi. Cette histoire d’amour assez courte sera surtout pour elle l’occasion de se dire que peut-être elle est aimable, alors que peut-être elle peut s’aimer, sans contraintes, sans injonctions, en toute liberté.

Ecriture fluide et directe pour ce petit opus, écriture tendre… C’est cela… la tendresse du crawl comme la tendresse des mots, ceux qui sont dits avec pudeur, avec douceur, ceux qui sont susurrés. Ecriture sincère. Malgré tout, ce court roman n’est pas resté en moi. Lu pendant le dernier week-end à mille, lu avec un vrai plaisir sur le moment, je dois bien admettre que je n’en garde pas un souvenir impérissable, à peine un mois plus tard !

Chronique courte, donc, pour court roman.

 

 (La tendresse du crawl. Colombe Schneck. Editions Grasset : 2019)

Week-end à 1000! Bilan des courses, une semaine plus tard.

Vous l’aurez compris, ce dernier week-end à 1000 n’aura pas été une grande réussite pour nous.

M. aura tout donné le vendredi soir avec ses 232 pages et ses 4 Yo-Kai Watch puis aura lu avec peine une quinzaine de pages de Mon stress monstre entre le samedi et le dimanche. Allez, on va lui octroyer 250 pages pour son premier défi. Petit commentaire de sa part, samedi soir : « Je ne pensais pas que ça allait être aussi difficile; je n’ai pas envie de lire ». Je ne suis pas certaine qu’il me demande de participer la prochaine fois!

L., quant à elle, aurait sûrement lu bien davantage sans cette « injonction » de ces 1000 pages en un week-end… Elle a voulu essayer et n’est peut-être pas faite pour cela (un peu comme Cécile, finalement)! Malgré tout, on peut lui octroyer à elle aussi 250 pages avec le tome 6 d’Harry Potter, Le prince de sang mêlé. Et elle adore toujours autant ces aventures d’apprentis sorciers.

Pour ma part, je ne vais pas parler d’échec puisque j’ai tout de même lu 851 pages alors qu’à 14h, le dimanche, je n’en étais qu’à 421 pages! Mais je n’ai pas encore réussi à atteindre mon objectif personnel… Emotions très fortes à la lecture de La tendresse du crawl de Colombe Schneck mais surtout de Né d’aucune femme de Franck Bouysse, qui est effectivement pour moi la révélation de ce nouveau week-end à 1000. Je tenais d’ailleurs à remercier Lola d’ A l’horizon des mots pour son billet sur ce roman. C’est ce dernier qui m’a terriblement donné envie de plonger au plus profond des affres de la vie de cette Rose. A l’heure qu’il est, je n’ai toujours pas terminé Moi, ce que j’aime c’est les monstres et je dois reconnaître que j’ai énormément de mal à pénétrer le mystère de cet étrange et intrigant ouvrage! Par contre, j’ai tourné la dernière page de Frantumaglia il y a quelques heures à peine. Elena Ferrante m’aura une nouvelle fois tenu compagnie durant de longues heures de réflexions, de questionnements, de divagations, et ce avec grand plaisir. Aurais-je enfin trouvé LE mot qui dépeint si bien ma façon d’être au monde et aux autres?

Pour cette semaine à venir -faite de solitude et de tourments incessants- je me souhaite de réussir à poser quelques mots sur le papier pour vous dire mon amour des mots, qui se fait de plus en plus puissant, toujours plus fort et essentiel à ma vie.

Et je nous souhaite de belles découvertes littéraires!