Histoires du soir pour filles rebelles – Elena Favilli et Francesca Cavallo

 

Le premier plaisir est d’ouvrir l’enveloppe de Lecteurs.com, grâce à qui j’ai reçu ce bel ouvrage pour tous les âges : Histoires du soir pour filles rebelles. Le deuxième plaisir est de caresser le livre, d’abord avec les yeux puis physiquement, avec les mains ; le tourner dans tous les sens, se l’approprier car il s’agit là d’un très bel objet. Le troisième plaisir est de l’ouvrir, d’en apprécier les illustrations, la mise en page, les couleurs, les différentes polices d’écriture et puis, très vite, on regarde les noms de ces femmes aux destins inouïs… On se dit « En connais-je au moins quelques-unes ? »

Oui, quelques-unes, bien sûr, mais si peu…

J’ai choisi de prendre le titre au pied de la lettre et d’en faire les histoires du soir avec mes deux plus jeunes enfants… Rituel qui a duré quelques semaines. Chaque soir, ma fille et mon fils lisaient le sommaire et choisissaient une personnalité chacun. Chaque soir donc, nous découvrions deux nouveaux destins de femmes incroyables : Une réalisatrice, une rappeuse, une sportive, une femme politique ou une pirate… De tous milieux, de toutes époques, de tous âges. C’est vraiment bien fait et ces petites biographies leur permettent de prendre conscience que le plus important dans la vie est de croire en ses rêves, de croire en soi et que les femmes ont un rôle à jouer tout aussi important que les hommes dans nos sociétés. Ils ont adoré calculer leur âge, ou l’âge qu’elles avaient quand elles sont mortes, ils ont adoré mémoriser les différents noms, métiers, pays… J’ai même surpris ma fille (de neuf ans) se plonger dans Les culottées de Pénélope Bagieu suite à ces lectures du soir : Elle a fini les deux tomes alors que j’ai à peine commencé le premier !

Bien sûr, ces parcours de vie ne sont pas exhaustifs mais ils donnent une très bonne première approche, un peu comme une encyclopédie à avoir absolument chez soi. Et le parti pris est très intéressant car les auteures ont choisi non pas des photographies « classiques » mais de véritables œuvres d’art pour les portraits de chaque femme, comme si ces dessins ou peintures permettaient –avec à chaque fois une citation choisie- d’aller un peu plus loin dans notre imaginaire, nous laissant ainsi continuer l’histoire de chacune d’elle dans notre esprit.

Petit bémol –et pas des moindres !- qui m’avait traversé l’esprit mais qui m’a davantage encore sauté aux yeux quand mon garçon a fait le même genre de  remarque : « Pourquoi “pour filles rebelles” maman ? On devrait dire “pour garçons rebelles” aussi ! » et je suis d’accord avec lui. Pour moi, ce sont des histoires du soir DE filles rebelles et non POUR filles rebelles. Ceci dit, je trouve ça chouette qu’à six ans, mon fils ait déjà cette vivacité d’esprit !

Une chose est sûre : ce furent de bien beaux moments de lecture avec mes deux plus petits.  Et le fait d’écrire ces quelques lignes me donnent envie de m’y replonger avec délectation… Et avec eux !

(Histoires du soir pour filles rebelles. Elena Favilli et Francesca Cavallo. Editions Les Arènes : 2017)

 

 

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Retour en arrière : Défi n°7

Seb, il voulait vraiment le fêter l’anniversaire du blog, ne surtout pas rater l’événement! Mais comme il ne fait rien comme les autres (ce sont ses propres mots), il propose sa contribution pour le défi n°7… Ce qui en fait sans doute le défi relevé par le plus de personnes: six, si mes comptes sont bons. Une bien belle manière de faire durer le plaisir et la célébration! Pour découvrir la lecture de Seb mise en photo, cliquez ici ou sur « le défi du trimestre » dans le menu.

Le défi du huitième trimestre OU Le défi de l’hiver

Voilà : Deux années. Oui, le blog fête ses deux ans. Je ne sais pas trop ce que nous espérions, ce que nous rêvions pour lui et pour nous à sa naissance mais il est là, tout près. Il grandit doucement car le temps nous manque atrocement; parfois c’est l’inspiration qui fait défaut ou l’envie d’écrire, tout simplement. Mais il est là, il pousse, il fait partie de notre quotidien… Et si nous n’avons pas réussi à faire vivre notre page « atelier d’écriture » (qui renaîtra peut-être de ses cendres un jour), je suis assez fière de la partie « Le défi du trimestre » ! Parce qu’il n’est pas toujours évident de trouver de nouvelles idées de défis mais surtout parce que c’est compliqué de garder les troupes motivées et dans l’action! Alors, pour ses deux ans, deux défis réalisés, deux habitués pourrais-je presque dire… Joli effet de miroir. Deux, c’est bien. Pour découvrir ce tout nouveau défi, cliquez ici ou sur « le défi du trimestre » dans le menu.

Week-end à 1000!!!! Bilan : défi réussi.

Et oui! Pour la deuxième fois consécutive, j’ai relevé le défi malgré un week-end déjà très rempli en terme d’organisation. Faisons le point:

-53 pages qu’il me restait à lire de Douleur.

-234 pages pour Mercy, Mary, Patty.

-316 pages pour Summer.

-189 pages que je n’avais pas encore lues pour la BD Alors que j’essayais d’être quelqu’un de bien.

-218 pages pour Vernon Subutex 2 mais je ne l’ai pas fini!

Ce qui fait un total de 1010 pages à 23h59 ce dimanche (j’avais mis une sonnerie de réveil). Je suis très heureuse de ce temps dense de lecture, très enrichissant et sans fausse note cette fois-ci… Il est vrai que ce sont des lectures qui me faisaient de l’oeil depuis longtemps, des auteures que je connais déjà toutes. Dois-je le redire? Ce week-end à 1000 aura été pour moi un week-end 100% féminin.

Je ne peux pas encore vous parler de Vernon Subutex (je n’avais d’ailleurs pas réussi à écrire sur le tome 1, étant plutôt dans une phase « panne d’écriture ») et je n’ai pas l’habitude de chroniquer les BD mais celle-ci m’a vraiment plu: ce que j’aime plus que tout chez Ulli Lust, c’est sa totale liberté pour tout!

La prochaine fois, lancez-vous, c’est une expérience à vivre, un week-end à mille! Le suivant est en mai, je crois… Quand on peut lire au bord de la mer (ou d’un étang), dans son transat, sous un grand chêne… Bref, quand le printemps est là…

Week-end à mille!!!! Dernière ligne droite

Sorti la veille de mes quarante ans, reçu comme cadeau d’anniversaire quelques jours plus tard (impossible de ne pas l’avoir très vite!), il m’aura finalement fallu attendre 2018 et ce nouveau week-end à 1000 pour me délecter à nouveau de l’écriture de Monica Sabolo. J’aime les mots de cette auteure, j’aime leur force évocatrice tout en poésie et en suspens et ce nouveau roman, Summer, ne déroge pas à la règle, même si je dois reconnaître qu’est née en moi une légère déception quant à la construction du récit que j’ai trouvé beaucoup plus classique que ses deux précédents ouvrages. Comme si une toute petite chose, une chose infime s’était brisée… Il s’agirait plutôt d’une fêlure presqu’insignifiante , d’ailleurs,  tant j’ai pris du plaisir à découvrir ce nouvel univers familial, cette Summer, tellement présente par son absence pour son frère Benjamin qui a pourtant eu l’impression si longtemps de l’avoir « oubliée », de ne plus avoir pensé à elle. « Je suis la preuve vivante que l’on peut vivre sans les êtres que nous aimons le plus, ceux-là même qui rassemblaient les milliers de fragments minuscules qui nous constituent. Ces êtres que l’on est terrifié de perdre, parce qu’ils nous donnent la sensation d’être réels, ou du moins un peu moins étrangers au monde, et puis, quand nous les avons perdus, nous n’y pensons plus. » (p. 13)

Elle est là Summer, dans chaque ligne, chaque mot, chaque virgule de ce récit, omnipotente, lumineuse et éclatante de beauté, mystérieuse (comme souvent le sont les jeunes filles dans les récits de Monica Sabolo) et les introspections de Benjamin, son frère cadet, n’en sont que plus douloureuses, plus violentes chacune des décisions qu’il prendra -ou qu’il ne prendra pas- dans sa vie. Là est la puissance du récit, à mon avis, dans les réflexions intimes de ce petit frère que l’on suit pendant vingt quatre années, ce petit frère qui n’aura pas réussi à vivre sa vie d’homme sans sa soeur, ce petit frère qui a perdu un bout de lui-même le jour de l’étrange disparition. « Je m’assois, et je sens la panique qui monte, je ne sais pas pourquoi je fais dans une seule journée tout ce que je n’ai pas fait durant toute une vie. » (p.280)

Elle sait, Monica Sabolo, faire monter la tension sans en avoir l’air, elle sait manier les détails qui ont toujours leur importance, elle sait nous surprendre car oui, je suis allée de surprise en étonnement et j’ai aimé -vraiment, pleinement, totalement- la fin qu’elle s’est choisie pour cette histoire. Alors, même s’il y a cette minuscule déception quant à la forme, une fois de plus, je vous conseille vivement la lecture du dernier roman de Monica Sabolo: Summer.

Et qu’importe le temps qu’il me reste pour lire le nombre de pages requis, mon défi est déjà pour moi complètement réussi au vu de la qualité de ce que j’ai lu jusqu’à présent et du plaisir intense de lecture pour chacun des romans choisis. Sinon, d’une façon plus pragmatique, il est 16h et des poussières… 692 pages au compteur. C’est chaud!