Ateliers d’écriture

28/06/16

Nous pensons à ce jeune serveur qui était bien curieux de savoir ce que nous faisions… Et qui a fini par nous expliquer qu’il s’était mis à la lecture depuis peu, qu’il aimerait bien écrire sur ses ancêtres, qu’il n’a pas connu, mais qu’il n’osait pas. Le seul conseil que nous pouvions lui donner est : Lance-toi !

Nous pensons aussi à nos acolytes qui n’ont pu être avec nous pour ce dernier atelier d’écriture de la saison… Une nouvelle recrue est là, le lieu est différent (mais nous restons en terrasse!), la boîte a oublié de quitter son nid douillet et nous ne sommes pas très motivées mais après deux heures de rires –voire de délires- et de discussions,  nous nous lançons même si le ciel est de nouveau menaçant. Qu’importe, notre pro des thèmes s’empare du contexte pour nous en trouver un en deux temps trois mouvements!

 

Avant la pluie (15mn)

 

« Liste des choses à faire :

  • tondre la pelouse
  • étendre le linge
  • passer l’aspirateur dans la voiture
  • enlever les ronces
  • faire un tennis
  • élaguer le platane qui commence à gêner la fermeture des volets
  • tant qu’on y est, poncer les volets
  • les repeindre
  • sortir le mobilier de jardin

Regard vers la fenêtre. Nuages noirs. Premières gouttes.

Donc, choses à faire, demain :

  • tondre la pelouse
  • étendre le linge
  • … »

WILDWILDWEST

 

 

« Je suis en retard, encore une fois… Je m’étais pourtant promis d’arriver avant la pluie.

Il est là, il m’attend. Je sens une envie puissante de lui sauter dans les bras, mais je me retiens. Restons digne. Il est là, ruisselant, trempé jusqu’aux os. Mais son sourire. Son sourire illumine jusqu’au ciel de plomb, au trottoir gris, aux rumeurs de la ville et au goudron.

Son sourire m’éblouit, et le chemin qui mène à lui est comme un fil lumineux sur lequel je m’élance, danse.

Son sourire est mon avenir, après la pluie… »

NOLWENN

 

 

« S’il partait à ce moment précis, il pouvait avoir le bus de 13h48.

13h02, 13h31, 13h48.

Depuis trois ans, chaque jour de sa vie était réglé sur les horaires de bus. Et chaque jour, sans exception, il allait la voir. Chambre 322, service Orchidée, il lui apportait des roses jaunes. Par provocation, par indignation, par défi.

Il entendait les secondes de l’horloge s’égrener par-delà le brouhaha de ses pensées. Il contempla son reflet, longtemps. Une dernière pensée le traversa, avant de voir la pluie se mettre à tomber, derrière la vitre.

Ce jour-là, le bus de 13h48 partit sans lui. »

MARTHA

 

 

« C’est la nuit. Une de ces nuits qui lui fait dire que là, bientôt, quelque chose de neuf va arriver. Il n’a pas peur, ne réfléchit pas trop. Sans faire de bruit –il ne veut pas réveiller sa douce qui dort du sommeil du juste- il sort du lit, choisit de ne pas prendre son vieux T-shirt, celui qui est toujours à droite du matelas. Il ne le prend pas parce qu’il veut vivre cet instant tel qu’il est lui, là, maintenant, dans sa nudité la plus pure. Descend les escaliers, essaie de ne pas faire grincer le parquet, celui qu’il avait tant aimé le jour où ils avaient visité la maison. Il traverse la cuisine, se cogne dans le coin de la table –comme toujours. Entre dans le salon et il se décide enfin : d’une seule main, il ouvre la grande baie vitrée et se pose là, sur la terrasse. Et il attend. Il aime cela, attendre. Il sait, il sent. L’odeur du dehors se fait autre. Le vent se lève. Il est bien. Il aime cela, l’attente du renouveau. Les quelques minutes juste avant la pluie.»

PIEDRA PEQUEÑA

 

 

 

« Les nuages se disputent, blancs, noirs, au coude à coude, le vent hésite. J’enlève mon foulard, je remets mon foulard. J’ai chaud, j’ai froid. Ma tête se dilate, mes pensées s’affolent. Vite, écrire quelque chose. Moment lourd, empêtré, paralysé.

Soudain, les mots dégoulinent, glissent, perlent sur la feuille.

Je suis rincée. Avant la pluie. »

NINONNINOUI

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21/06/16

La patience est une vertu, paraît-il ! Je ne sais pas si dans la clique nous avons tous cette « qualité » mais il nous aura fallu du temps avant de pouvoir nous réunir à nouveau un mardi soir, à la terrasse de notre p’tit café et ce, malgré la pluie et le gris des nuages. Étrange, d’ailleurs, la coïncidence que l’on peut voir entre l’idée du temps long et le thème du jour, qui est…

 

Inventaire : Choses qui doivent être courtes (15mn)

atelier d'écriture 21_06

« Ai-je à peine tremblé

Je le crois

Face au verdict

Le juge s’était levé

Bien droit.

Sont désormais limités

Dans l’espace et dans

Le temps

Définitivement

Pendant vingt ans et sans

Sursis

La mauvaise blague qui nous

Venge

Les chaises à

Porteurs.

Le temps passé à trop penser

Le compliment facile

L’écharpe qui cache

Tes cils

Ainsi que peut-être

Le meilleur

De nous-même. »

MEIDOSEM

 

 

« Court, le chemin qui mène aux étoiles, lorsque l’on sait fermer les yeux.

Courte, la distance entre ta peau et la mienne, sous le regard du ciel.

Court, le souffle de celui qui espère à perdre haleine.

Courte, la peine.

Et longue, si longue l’attente, la douloureuse attente, l’attente insatiable et illimitée.»

NOLWENN

 

 

 

« Choses qui doivent être courtes. Courtes. Mais courtes comment ? Courtes comme une cigarette que l’on fume en quatre minutes et pas en sept ? Courtes comme une jupe courte qui serait plus jolie qu’une jupe longue ? Comme un court instant parfait plutôt qu’un long moment de douleurs ? Un court discours pertinent et non de longues envolées lyriques qui n’en finissent pas ?

Je ne sais pas faire court. La vie me porte, m’entraîne, me fait virevolter, me fait couler, m’enferme. Et il m’est impossible de décider : Pourquoi courtes ? Les choses sont. Se font ou ne se font pas. Rapidement ou pas. Les choses sont.»

PIEDRA PEQUEÑA

 

 

« Choses qui doivent être courtes :
le temps des nuages, filaments laiteux
le ciel sombre et pierreux
la peine qui déchire
le rire hystérique qui éclate en sanglots
le vent qui vous cisaille et qui vous met en lambeaux
un petit peu, pas trop
sinon ça enfle, ça déborde
un peu. »

COCAMINATH

 

 

 

« Les dimanches, les repas de famille, les engueulades sur le score de l’Euro… tout ceci prend un temps infini. Je souhaiterais que cela aille vite.

Une minute, une seconde.

Que ce ne soit qu’un instant, que cela soit bref.

Un sparadrap arraché.

Vite, très vite.

Le oui du mariage.

Le non de la dispute.

Le claquement de la porte.

Un regard.

Ce dimanche s’étend, s’allonge, se répand.

Ma mère, au salon, en fait autant. Je n’entends plus que le son de sa voix. Une logorrhée sans début, sans fin.

Ce dimanche semble interminable. Il m’épuise. Elle me crève.

Le temps de réaction sera court.

Le geste sera précis, rapide.

Je lève une main.

La gifle. »

MARTHA

 

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24/05/16

La journée a été longue, la boîte oubliée –heureusement que Nolwenn avait son cahier secret !- et le manque d’inspiration était de la partie pour certains ; Martha a même déclaré forfait malgré une jolie première (et unique !) phrase : « J’en suis là. ». Mais son rôle était tout trouvé : Elle a joué le maître du temps pour nous. Atelier un peu frustrant le temps de l’écriture mais ces petits moments font du bien ; on se retrouve, on boit un coup, on discute, on rit et on a pu faire découvrir notre rendez-vous hebdomadaire à un nouveau participant : Chien-Fer. Le thème du jour est…

Clé(s)… (10mn)

« Une fois de plus, la clef était dans les champs. Egarée, tombée, dissolue. Oh, dira l’adjudant : Tu as ENCORE perdu tes clefs. Une fois encore, ma prière au grand clefptomane. Je rêve que la vie soit un grand saloon. »

MEIDOSEM

 

« Prendre la clé des champs. La tenir bien serrée et caresser l’idée que tout est possible.

Se dire que, peut-être, partir est la solution.

Sentir quelque chose s’ouvrir au creux de soi et accepter l’abandon.

Se délester de tous les trousseaux et oser l’horizon nu, la route infinie… »

NOLWENN

 

« J’ai perdu la clé

De ton tiroir

Il s’est enfermé

Sur tes idées noires.

Je n’ai pas de clé

Juste un blanc mouchoir

Sur tes yeux mouillés.

Il est un peu tard

Le tiroir de ton

Envie a glissé

Dans le double-fond

Où j’ai mis les clés. »

CHIEN-FER

 

« Clé ? Peut-être le sujet de l’instant. Finalement, sans le savoir, on en parle tous les jours… Les clés qu’on a perdues… Ou simplement égarées. Et puis celles que l’on retrouve, bien-sûr. Une note de la clef de sol qu’on aimerait réussir à chanter « comme il faut ». Il y a aussi –et surtout ?- la clé qui nous permettrait d’ouvrir cette porte mystérieuse de l’inconnu, du renouveau. Sujet quotidien autour de cette table, non ?

CLÉ. Il est joli ce mot. »

PIEDRA PEQUEÑA

 

« Idées de champ lexical en période d’appréciations :

-Travail bâclé !

-Eclércis ton propos !

-Clétin !

Qui veut la clé de mon champ ? »

NINON-NIOUI

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18/05/16

TGV Paris-Rennes. Quelle heure est-il ? Autour de 18h… Nous sommes deux et bien décidées à faire notre atelier d’écriture, malgré l’épuisement des deux derniers jours, malgré l’état second, malgré la boîte qui n’est pas là ! Le thème du jour est…

Moleskine (15mn)

« Mon

   Objet

             Libérateur,

               Etourdissant,

           Savoureux.

              Kaléidoscope

   Intime,

           Névrotique,

         Evaporé. »

 

PIEDRA PEQUEÑA

(Petite dédicace à S., qui me l’a offert il y a près de 3 ans et qui ne me quitte pas depuis)

 

 

« Le paysage me fuit et mes oreilles sifflent. A mes pieds, un trésor sommeille, je l’ai ouvert, reniflé, senti sous toutes ses coutures, la tendre rugosité de sa matière m’appelle, sa blancheur comme neuve, vide de tout, pleine de possibles me happe.

C’est à chaque fois un renouveau, une nouvelle naissance. Je recommence à zéro. C’est l’avant, ce moment le plus précieux quand rien n’a encore de forme, quand rien n’est figé et que tout est à créer, à devenir.

Le paysage défile toujours et la terre sous mes pieds file à toute allure. Mes pensées décousues interrogent le ciel gris. Combien de temps avant de décider, avant de façonner les lettres qui imprimeront son essence, ma nouvelle vie, mon nouveau moi ?

Combien de temps avant le regret, le chaos désabusé de cette matière qui refuse l’ordre, qui me renvoie à l’éternelle insatisfaction de ne pouvoir tenir, de toujours céder au brouillon, au désordre, à l’inaccompli ? Mais toujours je m’arrête, je convoite, je désire la promesse de ce qui n’est pas.

J’ai encore acheté un Moleskine. »

COCAMINATH

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10/05/16

La boîte était bien là aujourd’hui… Et pour bien rentrer dans le bain, c’est La P’tite Fourmi qui a tiré un petit papier au hasard ! Le thème du jour est…

Inventaire : Choses qui font battre le cœur; Stupeur, honte, joie… (15mn)

atelier d'écriture4

« 08H51.

J’ai tout? Pas certaine. Je vérifie. J’ai tout.

08H52.

J’ai vérifié si j’avais tout? Pas certaine. Je jette un coup d’œil, un dernier. Carte d’identité, convocation, bouteille d’eau. J’ai soif.

08H55.

J’ai très soif. Mais si je bois maintenant, je vais devoir aller aux toilettes. J’ai le temps d’aller aux toilettes?

08H56.

Combien de battements de cœur dans une minute? Cent mille? Un million? Je n’ai plus le temps d’aller aux toilettes.

08H58.

Si je m’évanouis, là, maintenant? Est-ce qu’un cœur peut s’effondrer dans un abîme d’angoisse? J’ai les mains moites, les jambes tremblantes. Je ne peux plus partir en courant. Je n’ai plus de ventre.

08H59.

« Candidat n°8317… »           Mon cœur s’arrête. »

MARTHA

 

« Il aimait cela, entendre dans sa tête le cœur qui bat. Il la provoquait même, parfois, cette sensation : Sensation des tempes qui gonflent, du temps qui s’accélère, sensation de n’être que soi à exister. Jouer à se faire peur, s’inventer des aventures extraordinaires, créer de toutes pièces des discussions intenses avec un être cher. Faire pleurer ses yeux. Ou faire rire sa bouche. Aussi. Choisir la chanson qui fera retrouver son odeur, sa voix, son regard. Choisir l’instant. Faire battre son cœur, sentir son cœur qui bat. »

PIEDRA PEQUEÑA

 

« Les autres, toute une histoire, les plus grandes émotions pour moi. Les naissances, malheurs ou morts ne sont pas tout. J’esquive la douleur quelque qu’elle soit par peur de l’affronter. Les petits gestes, petits mots, petites choses m’émeuvent. Des signes de connivence ou de sincérité. Honte souvent, de ce que je fais sans pouvoir m’en empêcher mais j’efface, seul moyen encore pour avancer. Peur des autres, des attentes surtout et du rejet trop douloureux. »

LA P’TITE FOURMI

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03/05/16

Les règles sont parfois faites pour être changées ! Ayant oublié la petite boîte magique, nous avons décidé de regarder autour de nous pour choisir le thème du jour. Nous nous sommes arrêtées sur…

 

Changement de propriétaire (15mn)

« Il n’y avait aucune raison, non vraiment aucune pour que cela arrive. Mais pour qui se prenait-il, lui aussi ? De quel droit ? L’avais-je autorisé une seule fois à agir ainsi ? Il m’avait pourtant juré que cela n’arriverait pas, avait toujours tenu bon lors de nos longues soirées –alcoolisées ou pas d’ailleurs !-, lors de nos escapades improvisées. Et voilà. Il avait fallu que cela se produise. Et aujourd’hui, en plus. Aujourd’hui ! C’en est trop. C’est fini. Terminé. Hors de question que quelqu’un se permette de me piquer mon briquet. MON briquet. »

PIEDRA PEQUEÑA


« Aujourd’hui, braderie.

Tout doit disparaître, états d’âme compris.

La tristesse, au placard. Tous ces sentiments périmés aussi.

Je vends tout, et pars pour une nouvelle vie.

Allégée de l’ennui accumulé au fil des journées sans soleil. Des « pourquoi ». Des « pourquoi pas ». Des « ce n’est pas pour moi ».

Je me déleste. Aidez-moi. Prenez tout. Les regrets, les amours enfuies, les rancunes moisies. Les espoirs déçus, les jalousies tenaces, les miroirs brisés, les « toujours » et les « jamais ».

Prenez-tout, et laissez-moi rêver. »

NOLWENN


« Ce matin, le vent m’a bousculée et je n’étais pas là. Mon corps a changé de propriétaire; Je l’ai vu partir un peu voûté, son ombre m’a souri et moi j’avais envie de pleurer. J’ai erré dans le jardin. L’herbe ne m’a pas caressé les pieds. Les chats, indifférents, m’ont traversée, je n’étais pas là. Mon corps en partance m’a laissée. Je suis seule, vide, sans substance. Alors le soir, dans un arbre je me suis enracinée. »

COCAMINATH


« R. arriva avec cinq minutes de retard. Comme à son habitude. Depuis vingt-cinq ans. Il s’excusa d’un sourire, ce sourire faussement sincère que je lui connaissais bien.
 » Tu vas faire quoi?, lui demandai-je.
R. haussa une épaule:
– Comme toi! Je tourne une page! »
Nous étions voisins depuis vingt-cinq ans et aujourd’hui je rachetai le commerce de ses parents. Un truc un peu miteux, sans âge, sans charme et sans réelle finalité. « Le truc au coin de la rue » dirions-nous souvent, sans pouvoir réellement le nommer.
Les parents de R. avaient disparu l’été dernier, à un mois d’intervalle et leur commerce, déjà bringuebalant, tombait peu à peu en ruines. R. ayant quitté la région, j’étais la seule à voir ce truc s’écrouler. À fendre l’âme. La mienne en l’occurrence.
Je pris les clés de R. Je les lui arrachai. Je les fourrai dans une poche. »

MARTHA


« La fenêtre était ouverte. Ma silhouette longiligne (1, 89m pour 57 kg) me permit de rentrer.

J’observai autour de moi l’inconnu: de longues armoires grises, remplies de vieux journaux, qui s’étiraient jusqu’au plafond.

Un soliflore, posé sur une console, exhibant un trèfle à quatre feuilles, accompagné de deux coquelicots et d’un narcisse (je déteste les narcisses). J’y posai à côté le mien, un énorme bouquet de pâquerettes champêtres, de celles qui embaument la joie de vivre.

Une odeur de café tiédi émanait de la cuisine. A vrai dire, il n’évoquait rien qu’une matinée sans fin. A dire vrai, il me rappelait le café offert à la factrice, « au matin », par ma grand-mère. Brutalement, surgirent de derrière le canapé une voix gutturale et un visage hirsute:

– Sortez de ce corps!

Je m’éclipsai aussi tranquillement que j’étais rentrée. Le bouquet de pâquerettes en moins. »

MEIDOSEM


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26/04/16

Les règles sont très simples : Une jolie petite boîte à idées, un bar, quelques copines. Une d’entre nous pioche un papier de la boîte, lit l’intitulé et nous avons 15mn (maximum) pour écrire. Dernière étape : Lectures à voix haute.

Après un premier atelier concluant le 19/04/16 (« Inventaire : Choses difficiles à dire »), nous avons décidé de renouveler l’expérience et de vous faire partager nos écrits. Si ça vous dit, vous pouvez bien sûr tenter l’expérience et nous faire part de vos trouvailles. Vous êtes prêts ?

Autoportrait (15mn)

 

« Il me semble la reconnaître, la connaître de loin.

De près, un éclat dans les yeux, un reflet dans le verre des lunettes.

Esquisse d’un sourire.

J’imagine que je dois la connaître, l’avoir déjà vue.

Un éclat de rire.

Il me semble la regarder de près, ne pas la savoir si loin.

Celle que je voudrais être.

Celle que je suis.

Un bruit retentit, brise l’instant.

Je me suis rêvée autre. »

MARTHA

 

« Je ne suis pas cette grande fille aux jambes longues qui envisage la vie comme un voyage sans escale.

Je ne suis pas cette petite fille qui cache ses larmes derrière ses cheveux en bataille et sa colère derrière son acharnement à apprendre.

Je ne suis pas cet éclat de rire désinvolte.

Je ne suis pas cet affaissement du corps quand le désespoir gagne.

Je ne suis pas la joie de la lumière qui inonde la peau.

Je ne suis pas la morsure des idées noires.

Je ne suis pas l’exaltation puissante qui saisit l’âme face à l’âme.

Je ne suis pas… »

NOLWENN

 

« Petite boule d’énergie, aux yeux toujours grands ouverts et au sourire qui dit le temps à venir et le désir d’être là avec ces trois lettres au fond du ventre : E – V – A.

Ça, c’est le moi d’avant, le moi de l’enfance. Puis-je dire que c’est le moi de maintenant ? Pas si sûr. Le temps a passé, a laissé des éraflures sur la peau, parfois des bleus. Les souvenirs peuvent laisser un goût amer dans le cœur.

Pourtant, je veux croire que je suis encore cette petite fille d’il y a longtemps, le temps où l’on se dit que tout est encore possible. »

PIEDRA PEQUEÑA

 

 

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