La plus que vive – Christian Bobin

 

Lu dans la continuité de Philippe Delerm, Christian bobin et ce dernier sont des auteurs que l’on pourrait associer de par leur écriture, leur rapport au temps, une certaine idée de la nature mais –paradoxalement- ils ne m’évoquent pas du tout la même chose et je ne les lis pas tout à fait de la même façon.

Christian Bobin est un des écrivains de mon adolescence, dont je partageais le goût avec mon meilleur ami de l’époque, et puis… De la même manière que cette amitié a fini par s’éteindre, j’ai cessé de le lire, sans trop savoir pourquoi. Peut-être que les mots de cet écrivain me renvoyaient trop violemment à mon ami qui avait choisi un autre chemin. Aujourd’hui, il m’évoque une autre amitié, une plus récente ; je me dis que rien n’est un hasard et que c’est sûrement à force d’entendre parler ma « nouvelle » amie de son amour pour les mots et les livres de cet auteur que j’ai eu envie de m’y replonger.

La plus que vive est un récit sur la mort, sur la disparition de celle que Christian Bobin a chérie durant près de vingt ans : Ghislaine.

« L’événement de ta mort a tout pulvérisé en moi.

Tout sauf le cœur.

Le cœur que tu m’as fait et que tu continues de me faire, de pétrir avec tes mains de disparue, d’apaiser avec ta voix de disparue, d’éclairer avec ton rire de disparue. » (P.11)

Ainsi débute le portrait de sa bien-aimée. Portrait où se mêlent sans cesse la violence et la tendresse, la mort et la vie, la plus grande des tristesses et le bonheur d’être là, simplement et humblement. Oui, je trouve qu’il s’agit là d’un très beau portrait de femme. C’est ainsi que je l’ai lu. Et même si les sous-entendus à la religion m’ont parfois gênée (j’ai toujours peur qu’une forme de prosélytisme surgisse dans ce genre d’écriture), je me suis souvent retrouvée dans cette Ghislaine. À tel point que j’ai proposé à mon compagnon de lire ce petit ouvrage, pour avoir son avis, qu’il me dise « Ah, oui, c’est vrai, je te retrouve dans les traits de cette femme », qu’il se sente apaisé par les mots de Christian Bobin.

Mais pas du tout ! Il n’a pas aimé ce texte, il a trouvé l’auteur donneur de leçon, un peu prétentieux, et y a même vu parfois des relents de misogynie ‘involontaire’. Oui, il a bien remarqué les pages cornées, les phrases qui m’ont plu un peu plus que les autres mais il n’a pas eu du tout le même regard que moi, n’y a pas du tout perçu les mêmes choses que moi et après quelques minutes de déception (tout de même !), je me suis dit que c’était cela la lecture : un rendez-vous entre les mots d’un inconnu et soi ; presque entre soi et soi finalement. Je me suis dit aussi qu’on ne peut jamais avoir de certitudes sur ce que l’autre pense, désire, aime… L’autre, qu’il soit un amoureux (ou une amoureuse !), un(e) ami(e), un membre de la famille, une nouvelle rencontre. Et finalement, cela a rendu la lecture de ce petit récit plus riche encore.

 (La plus que vive. Christian Bobin. Editions Gallimard ; collection L’un et l’autre : 1996)

Publicités

Week-end à 1000!!!! – Deuxième : défi réussi!

 

Il y a trois jours démarrait un nouveau week-end à 1000 et j’avais bien l’intention d’y participer car toutes les conditions étaient réunies.

Je ne suis pas peu fière de vous annoncer que oui, mon défi est gagné: 1016 pages lues en 53 heures (un peu moins même puisque j’ai arrêté 15mn avant la fin officielle!). cela donne:

Le gang des rêves de Luca Di Fulvio dont il me restait 644 pages à lire.

L’arrière-saison de Philippe Besson: 191 pages.

Une promesse de Sorj Chalandon pour lequel je me suis arrêtée à 181 pages (sur 274).

Tout de même, il faut bien reconnaître que lire autant en un peu plus de deux jours, cela met dans un drôle d’état et ce n’est sans doute pas la « meilleure » façon de lire… Encore que, pour rentrer dans une histoire comme celle de Luca Di Fulvio, c’est une façon de faire assez sympa. Je vais même vous avouer quelque chose: je regrette de ne pas l’avoir gardé rien que pour ce week-end, ne lire que cela (il fait 944 pages) et compléter avec une BD… Mais il y en aura d’autres! Honnêtement, c’est une expérience qui me plaît, et j’aime bien aussi le fait d’échanger avec les gens de ton entourage qui sont au courant et qui t’encouragent et sur Facebook avec des inconnus qui ont CE point commun avec toi: ils tentent de lire 1000 pages en un week-end!

Je ne pourrai sans doute pas faire le prochain (du 3 au 5 novembre) mais j’attends 2018 avec impatience!

Week-end à 1000!!!! – Deuxième : dernière ligne droite!


Deuxième objectif atteint! Après les 644 pages qu’il me restait à lire de Le gang des rêves, que j’ai adoré (je ferai une chronique de cette lecture), je viens de terminer L’arrière-saison de Philippe Besson (191 pages) : un peu d’ennui, un peu de déception car j’avais adoré La trahison de Thomas Spencer, un peu de clichés et quelques tics d’écriture qui m’ont parfois irritée (« pour sûr », « du reste », « insincérité », « viduité »…). Dommage!

Le suspens reste entier car il ne me reste plus que quelques heures pour lire 165 pages et il faut refaire la valise, reprendre la route, rendre les clefs de l’appartement de Saint-Malo et retrouver le chemin de la maison.

On y croit! Je compte sur toi Sorj Chalandon et ce titre qui augure de belles choses : Une promesse.

Ultime bilan demain soir!

Week-end à 1000!!!! – Deuxième : on continue!


Comment éviter le concert annuel de son village quand on habite le centre du bourg et qu’on est en plein week-end à 1000? Faire appel à une amie très chère qui a gentiment prêter  son appartement de St Malo pour la nuit… Et plus si affinités.

Plus sérieusement, je n’avance pas très vite mais le vin blanc choisi pour ce-soir se laisse boire.

Allez, j’y retourne: j’entame la page 677 du Gang des rêves, ce qui veut dire qu’en réalité, je n’ai lu que 376 pages!

Bonne nuit livresque.

Week-end à 1000!!!! – Deuxième!

Il est 18h53. Je suis à la gare de Rennes, après une douce journée de retrouvailles : avec des amies, avec sa ville d’étudiante, avec soi. C’est donc dans le train que je vais démarrer ce deuxième week-end à 1000. Le gang des rêves de Luca Di Fulvio (éditions Pocket) me tiendra compagnie car c’est ma lecture de la semaine. J’attends 19h pour rouvrir le livre à la page 301 (j’ai un peu de marge: il en compte 944!).

Quelques heures plus tard… Je ne sais pas pourquoi mais je le sens mal ce deuxième défi. L’appel de « Sixt feet under » a été plus fort! Vieille série que nous redécouvrons avec mon compagnon. Je ne vous dirais pas que pour l’instant, je n’ai lu que dans le train. Non, non! Allez, j’y retourne car Cetta et Christmas m’attendent, je les entends me parler.

Bonne nuit livresque.