Le défi du cinquième trimestre OU Le défi du printemps

Mais oui! Déjà un trimestre de passé… Évitons les clichés en ne disant pas que le temps nous glisse entre les doigts. Pour ce nouveau défi, une nouvelle lectrice, Maëlle, et Nolwenn, qui revient faire un p’tit tour parmi nous. C’est drôle, elles ne se connaissent pas et ont déjà au moins un point commun! Pour savoir lequel, allez découvrir ce nouveau défi en cliquant ici ou sur « le défi du trimestre » dans le menu.

Publicités

TAG – Pocket Jeunesse

 

Je reprends un TAG assez ancien de Pocket jeunesse, qui m’avait plu à la lecture et puis que j’avais laissé de côté… Je le retrouve avec plaisir et pas seule! Merci à Thomas-Crayon: c’est sympa aussi les TAG à quatre mains.

1) Citer un livre qui se déroule (au moins en grande partie) de nuit.

-Je ne suis pas sûre que ce roman se déroule davantage de nuit que de jour mais ce qui est certain, c’est que les évènements essentiels s’y déroulent la nuit ! Amours de Léonor de Récondo (chronique ici : c’est un coup de cœur !)

2) Citer un livre qui se déroule sur un espace-temps assez court (1-3 jours).

Trois jours chez ma mère de François Weyergans.

3) Citer un livre qui aborde le thème du voyage dans le temps.

22/11/63 de Stephen King.

4) Citer une série pour laquelle chaque livre représente une année.

Harry Potter de J.K Rowling.

5) Quel est le livre de votre bibliothèque qui a été écrit il y a le plus longtemps ?

-J’aurais bien voulu faire ma crâneuse en disant De brevitate vitae de Sénèque (lu et étudié en latin !) mais non, c’est Homère et son Iliade (que je n’ai toujours pas lu).

6) Quel est le livre de votre bibliothèque qui a été écrit le plus récemment ?

-C’est Douleur de Zeruya Shalev. Mais je ne l’ai pas encore lu. Par contre, la chronique de mon acolyte est ici, car elle l’a déjà lu, elle.

7) Citer un livre qui présente un élément de temps sur sa couverture.

-Bon, ce n’est pas terrible mais je n’ai rien trouvé de mieux : Teen Spirit de Virginie Despentes ; l’ado de la couverture porte une montre (chronique ici).

8) Citer un livre avec des flashbacks.

Le marin américain de Karsten Lund.

9) Citer un livre que vous avez lu très vite.

Une colère noire – Lettre à mon fils de Ta-Nehisi Coates.

10) Citer un livre que vous avez lu très lentement.

Le chemin des âmes de Joseph Boyden mais cela n’enlève rien au bonheur de l’avoir lu !

11) Citer un livre qui se passe dans le passé (par rapport à la date de publication) mais qui n’est pas un livre historique.

Le parfum de Patrick Suskind.

12) Citer un livre qui se passe dans le futur.

Dune de Franck Herbert.

13) Citer un livre dont le titre présente une notion de temps.

Avant de JB pontalis. J’aime tellement ses écrits !

14) Citer un livre (pas une série) dont l’intrigue se déroule sur plusieurs années.

– Le soleil de Scorta de Laurent Gaudé : Là encore, un pur plaisir !

 

 

Vivianne Elisabeth Fauville – Julia Deck

 

Après plusieurs tentatives infructueuses de lectures diverses et variées que je n’ai pu conclure du fait de l’ennui profond que m’ont procuré ces dernières, j’en étais presque à remettre en cause mon amour des livres… Jusqu’à ce que, sans conviction initiale pourtant, j’ouvre ce roman dont j’ignorais tout, écrit par cet auteur dont je n’avais jamais entendu parler. C’est peu de dire que ce livre m’a plu : il serait plus juste de dire qu’il m’a captivée, par son rythme et la facilité avec laquelle on se coule dans l’histoire d’une part, et surtout par la puissance de son écriture qui, dès les premières lignes m’ont rappelé le style et la modernité de Jean Echenoz dont elle semble se faire l’héritière.

La force incroyable de ce roman est d’être bâti sur les fondations d’un solide paradoxe : il s’agit en effet, d’un côté, d’un roman dont l’unique focalisation est celle de son protagoniste, cette femme dont le double prénom et le nom constituent le titre et dont le récit tout entier détaillera avec minutie les faits et gestes sans s’intéresser à quoi que ce soit d’autre, de l’autre nous pouvons, avec autant de certitude, déceler dans l’intervalle de ces quelques pages l’expression, poussée à son extrême, d’une forme de dépersonnalisation, d’un refus obstiné de faire peser quoi que ce soit sur les épaules de ladite protagoniste. Roman de la personne ou roman de personne, l’écriture de Julia Deck, signant par là-même un premier roman des plus aboutis, oscille constamment entre ces deux pôles.

Cette « personne » captée par le récit est en l’occurrence, durant les quelques mois relatés, dans une bien mauvaise passe : nous la découvrons, hagarde, le lendemain du soir où elle a, sous le coup d’une pulsion toute irrationnelle, poignardé son psychanalyste qui la suit depuis des années pour des crises de folie survenant ponctuellement. Propulsé par cet événement à la fois perturbateur et perturbant, la narration va s’engranger et se déployer sur la base de l’enquête qui va naturellement en découler, des tentatives de dissimulation du crime, des agissements parfois incompréhensibles de Viviane Elisabeth et des soubresauts qui vont s’ensuivre. On pourrait dès lors penser, sans trop s’aventurer, à une inspiration tout droit sortie des romans noirs de la pure espèce, quoique modulée par une intention parodique, car, bien loin de s’étendre sur la gravité des faits, l’écriture n’a de cesse de concourir à la légèreté, allant parfois jusqu’à s’autoriser quelques touches d’humour. Les ingrédients sont en effet tous bel et bien réunis : nous évoluons dans un milieu parisien bourgeois, la criminelle est une femme entre deux âges, délaissée depuis peu par un mari volage qui lui en aura préféré une plus jeune après lui avoir fait tout récemment un enfant, les suspects défilent sous le regard de commissaires de police caricaturés, et j’en passe… Nous avons même droit à une double intrigue, le psychanalyste tué s’avérant être lui-même un mari infidèle, dont la maîtresse, enceinte, n’est, à son grand désespoir, pas parvenue à faire reconnaître l’enfant à venir.

Or, ne faisons pas fausse route : pas une seconde le lecteur ne tombe dans le piège de cette illusion qui n’est montée que pour être dissipée. Nous sommes en réalité à mille lieues du polar, et, si le récit en adopte bien souvent les traits, ce n’est que pour mieux en déchiqueter les codes. Car c’est bien plus le personnage, flou et insaisissable de cette Viviane Elisabeth Fauville qui recueille l’attention pleine du lecteur. Contrairement aux attentes plantées par le décor et le contexte, cette femme dont nous ne saurons d’ailleurs jamais avec certitude s’il s’agit de la véritable coupable du meurtre, cette femme est faite d’un vide des plus troublants. Si tout, dans la logique narrative, laisse augurer un être guidé par ses passions, rongé par la rancoeur, la haine, la jalousie, ou dévoré par la crainte, l’amour fou ou que sais-je d’autre, il n’en sera rien, Viviane restant définitivement aux yeux du lecteur et d’un bout à l’autre du roman, une femme qui ne ressent rien, une femme dont l’ultra-présence dans le récit n’a d’égale que son absence à elle-même. Véritable énigme en chair et en os, nous ne pourrons la sonder que de l’extérieur, dans une perspective uniquement actionnelle. Rien ne nous sera occulté de son emploi du temps, nous aurons moult détails sur ses déplacements, sur les objets qui l’entourent, sur le moindre de ses gestes et de ses agissements. Et c’est sans cesse qu’elle agit, dérobant des couteaux au domicile de son mari, confiant son bébé à la nourrice, prenant en filature les autres suspects de l’enquête, répondant, inflexible, aux interrogatoires policiers : le récit se fait ainsi véritable catalogue de faits sans que jamais nous n’entrions dans les arcanes de l’âme de cette personne dont il est pourtant exclusivement question. Sous ce prisme quasi-clinique, c’est, à certains moments, presque un rapport médical ou un procès verbal, que nous pourrions penser avoir entre les mains.

Et c’est là, précisément, que l’écriture de Julia Deck excelle, car occulter la profondeur mentale dans un univers diégétique où celle-ci devrait constituer la pièce centrale, est une tâche des plus ardues et des plus périlleuses. C’est avant tout dans et par les mots que ce petit miracle s’accomplit, et en particulier à travers le jeu de passe-passe de l’emploi des pronoms personnels, dont la protagoniste est affublée tour à tour : nous la découvrons entichée d’un « vous » qui interpelle, la retrouvons plus loin dissimulée sous un « nous » tout aussi intrigant, pour la reconnaître à d’autres moments derrière le masque d’un « je », ou d’un « elle », voire d’un « tu » qui achève de nous déboussoler. Le tissu verbal se fait dès lors puzzle, et le vertige engendré finit par nous happer et nous faire basculer dans le gouffre de la question obsédante et fondamentale quant au sens véritable du roman : qui est vraiment cette femme ? Quelle est la frontière entre elle et nous, si toutefois frontière il y a ? Dans quelle mesure ne sommes-nous pas tous susceptibles de sombrer dans la folie qui guide ses pas ? Le vide qui assaille ce personnage et qui se manifeste textuellement par ses régulières pertes de conscience et ses moments d’amnésie, crée de fait un appel d’air : ce personnage creux, dont la seule vraie identité est celle de son état civil, s’emplit et se nourrit progressivement de celle du lecteur.

C’est cette problématique, et elle seule, qui signe l’incroyable modernité et l’incontestable maturité de ce – pourtant – premier roman où, paradoxalement, la question de l’être, qui apparaît structurellement dans l’écriture, finit par l’emporter sur celle de l’intrigue diégétique. Tant et si bien d’ailleurs que le lecteur finit irrémédiablement par se désintéresser de l’issue de l’enquête et de la vérité sur ce crime, ce dernier s’avérant au final n’être que l’alibi d’un travail textuel de profondeur.

Expérience littéraire, performance artistique, récit subtil n’avançant que masqué , ce roman qui n’emprunte des chemins que pour mieux nous y perdre, est porteur d’interrogations essentielles concernant l’identité de l’être et sa frontière poreuse avec les franges de la folie.

(Viviane Elisabeth Fauville. Julia Deck. Editions de Minuit : 2012. 155 pp.)

 

Transcolorado – Catherine Gucher

 

J’ouvre délicatement les premières pages de Transcolorado, écrit par la primo-romancière Catherine Gucher (roman découvert une nouvelle fois grâce à Lecteurs.com). Je sais très vite que je vais vivre une expérience de lecture inhabituelle.

« Le ciel était si bleu qu’on se sentait un peu mal tout au fond de soi. Je n’aime pas les ciels trop bleus, cette lumière tranchante et sans pardon, comme si tout était neuf… Comme si rien du passé n’avait le droit de subsister. » (pp.7-8)

Pas à pas, doucement, presqu’insidieusement, on se meut dans une atmosphère bien étrange, où la notion de temporalité et d’action ne veulent plus dire grand-chose. Ce roman est autre chose : un roman de la contemplation. Il y a cette nature insaisissable, immense, belle et douloureuse que la protagoniste –Dan- connaît sur le bout des doigts. Et ici, dans le Colorado, les gens ne vivent qu’au rythme de celle-ci : c’est elle qui décide. De la même manière que l’on voit les paysages défiler au fil des pages et prendre presque toute la place, on pénètre de plus en plus profondément dans l’âme de cette drôle de fille. Car il s’agit finalement bien plus encore d’un roman de la contemplation de l’âme humaine : ne vous attendez pas à vivre des aventures pleines d’action dans ce roman car tout se passe à l’intérieur… Et dans le silence, dans le regard.

« Il ne causait pas beaucoup cet homme-là, mais il avait des yeux qui parlaient pour lui. […] Ces mots des yeux n’étaient jamais coupants. C’était plutôt comme une sorte de caresse un peu rêche qui n’osait pas s’attarder sur la peau. » (p.126)

On devine le passé de Dan par ce qui n’est pas dit, ou par ce qui est dit de façon métaphorique, de la même manière que la vie des personnages secondaires, tous des « laissés-pour-compte », des miséreux, des gens que la vie a malmenés, nous est contée par ce silence pénétrant et déchirant, parfois. Il n’est question que de suggestions. D’où l’âpre douceur du style, de l’écriture : les mots glissent sur la peau, telle une agréable caresse sauf que cette caresse brûle le cœur de tant de dureté, de tant de désespérance. Il faut dire que la vie lui en a fait voir de toutes les couleurs à cette fille de la route, qui vit entre le bar où elle boit des cafés-whiskys tous les jours et le bus « Transcolorado » qui la fait errer dans ce décor singulier comme dans son curieux cerveau, rempli de bestioles, d’araignées, de cafards, d’insectes. Car ce lent monologue est comme une magnifique allégorie de la folie, des névroses, des angoisses qui occupent chaque interstice de son être, qui font voir le monde d’une toute autre façon que celle qu’on attend de nous.

Et même si l’ensemble manque parfois de rythme et que l’on sent quelques répétitions (bien légères, il faut l’admettre), je me suis laissée happer par ce personnage tout en nuances et par ces paysages immenses et d’une vive beauté.

« Je sentais comme une petite racine sauvage accrochée au fond de mon ventre et qui cherchait à pousser dehors tout ce qui la gênait. Je n’avais jamais connu cette sensation. C’était drôle mais ça ne faisait pas mal. C’était juste un peu encombrant. » (p.141)

 (Transcolorado. Catherine Gucher. Editions Gaïa : 2017)

La femme au colt 45 – Marie Redonnet

 

Que de talent faut-il pour retranscrire en si peu de pages un parcours d’une telle force et d’une telle envergure ! Car c’est bien de parcours qu’il s’agit, celui d’une femme qui, en quelques mois, parvient à se défaire de toutes sortes d’aliénations, pour devenir ce que jamais elle n’a pu être, elle-même…

Dans un contexte sans prises avec le réel et pourtant fort réaliste, dans un pays nommé Azirie et qui pourrait en être tant, sous le joug d’une dictature féroce, Lora Sander, comédienne du Magic Théâtre dirigé par son mari Zuca, prend la fuite et se résout à l’exode, avec pour seul bien, incessamment collé à sa peau, le colt 45 que lui a légué son père. C’est une femme étrange que nous découvrons au début de ce roman : telle une héroïne décalée d’un film d’aventures fantasque, elle nous apparaît avant tout visuellement, comme une image faite de curieux contrastes : apprêtée comme une poupée, belle comme une reine, mais maniant les armes à feu comme personne, elle porte d’emblée en elle les stigmates du combattant. Et pourtant, dans les premiers instants du récit, cette force, toute latente et virtuelle, reste à l’état de bouillonnement. Car si sa fuite et son exil obéissent à des raisons éminemment politiques, Lora ne semble, ce faisant, que répondre aux injonctions de son fils Giorgio et de son mari Zuca, l’un engagé dans la lutte armée, l’autre arrêté par les autorités du régime.

Ce n’est que peu à peu, que pas à pas, sur le sol de cette Santarie, état limitrophe qui va l’accueillir et où, en tant que réfugiée, elle va devoir survivre et vivre seule, que Lora va apprendre à exister par elle-même, et cesser définitivement d’être celle que la vie lui a ordonné d’être. Et on le sent, le sang qui bout dans les veines de cette femme qui, par ses rencontres successives, va progressivement s’affranchir mentalement de la tutelle des hommes. Violée par le camionneur qui la prendra en stop, exploitée par le vendeur de pizzas infirme qui l’embauchera en échange de la protection de son arme, méprisée par un amant qui ne daignera lui accorder ses faveurs, dans une relation égoïste et machiste, qu’un soir par semaine, il lui en faudra des hommes pour apprendre à s’en libérer, il sera rude et escarpé le chemin qui la mènera à sa véritable émancipation. Elle devra même réapprendre son métier lorsqu’elle rencontrera cette curieuse Nina qui l’entraînera dans l’aventure de son projet artistique et lui proposera de participer à un théâtre expérimental visant à intégrer de jeunes réfugiés.

Si cette femme emplit tout l’espace narratif, elle emplit également de sa voix tout celui de l’écriture du récit. Car, pour faire vivre un personnage-femme de théâtre, c’est l’écriture elle-même que l’auteur choisit de théâtraliser : pas de prose, ici, pas plus que de dialogues d’ailleurs. Nous assistons d’un bout à l’autre à une étrange représentation, à une série de tirades, bribes du monologue intérieur de Lora, recomposé sous forme de discours directs invariablement introduits par des tirets, et simplement précédés de quelques mots de narration ne s’attachant qu’à l’apparence et aux gestes du personnage, sur le mode des didascalies. Dans une écriture lapidaire et lacunaire, le lecteur se trouve ainsi logé au creux d’un petit théâtre de l’intérieur. C’est la voix, et la voix seule, de Lora, qui fait avancer la narration, donnant des indications sur ce qui vient de se passer, sans que jamais le narrateur ne fasse lui-même tourner les rouages du récit.

Et ce procédé, loin d’être innocent ou fortuit, participe au contraire au sens profond du roman, car il apparaît rapidement qu’en tournant les pages du livre, c’est à la naissance d’une voix, au fond, que nous assistons. Cette voix qui se bornait à déclamer le texte, écrit pour elle, de son mari, brise peu à peu ses chaînes, et parvient à s’exprimer par ses mots propres. Ces mots qui jaillissent de la bouche de Lora, qui sont les seuls à la définir et à la constituer au long de ce roman, ces mots finissent par lui revenir et lui appartenir de plein droit. Souvent cruel et violent, ce récit fait ainsi advenir une parole émancipatrice. La « femme au colt 45 » achèvera son parcours en comprenant que la seule véritable arme qui soit chargée de futur, c’est en elle et seulement en elle qu’elle se tapit. L’abandon final du colt 45, qui aura été davantage source de destruction que protecteur, sera à cet égard tout allégorique.

La femme que nous quitterons à la page 112 n’aura donc que peu à voir avec celle que nous avions découverte à l’incipit : le parallèle entre le départ du pays d’origine et la possibilité du retour envisagée à la fin est saisissant, car ce n’est qu’au terme de son séjour en Santarie que Lora se pose enfin la question du choix, et se conçoit ainsi comme une femme libre, comme l’actrice qu’elle n’avait jamais osé être , celle de sa propre vie. Je vois donc dans l’époustouflante mise en scène de ce roman, le récit condensé, vrai et puissant, de la liberté, et particulièrement de celle, parfois difficile à acquérir, des femmes qui, toutes, l’absence de contextualisation réelle accentuant la possibilité d’identification, peuvent se reconnaître dans celle qu’a été Lora Sander, tout en lui étant reconnaissantes d’être devenue autre. A des degrés divers, d’une façon ou d’une autre, nous sommes toutes des Lora Sander…

« Plutôt me passer d’homme que d’être sous son emprise. Il ne suffit pas que j’aie vendu mon colt. Même absent, comme la jambe d’un amputé, il continue de me faire mal. » (p.90)

(La femme au colt 45. Marie Redonnet. Editions Le Tripode : 2015. 112 pp.)