La femme de trop – La compagnie Marcel et ses drôles de femmes

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Octobre 2016, festival Circa, Auch (32)

Il y a dans cette histoire quelque chose de maladroit et de sublime à la fois… Avec cette question comme un leitmotiv : Mais quelle est celle de trop ?

-Marcel qui joue à être une femme ?

-Marine, petite lutine qui sort d’un livre pour enfants ?

-Liza, celle qui « aime tout » et qui joue de son côté androgyne ?

-Angèle à la voix grave et intense ?

-Ou Noémie, celle qui chante et qui essaie (ou pas !) de remettre un peu d’ordre dans ce beau bordel ?

Et qui sont-elles vraiment ces femmes étranges ? Seulement une couleur ? Seulement un stéréotype ? Seulement une paire de baskets ou une paire de talons hauts ?

Peut-être finalement qu’elles sont toutes à un moment ou à un autre cette femme de trop. Peut-être qu’elles ont toutes un peu de l’autre à l’intérieur du ventre… Elles sont belles et drôles, ridicules par moments, violentes aussi ; cruelles ? Sans doute plutôt maladroites dans les rapports à l’autre ou tristes, mélancoliques. Elles sont grandes et minuscules, sûres d’elles et complètement flippées. Toutes ensemble et tellement seules.

Et c’est à travers et tout autour de leurs cadres aérien et coréen qu’elles nous emmènent dans les méandres de leurs sentiments, questionnements, inquiétudes : elles volent, elles tombent, se relèvent et puis elles dansent, elles vont dans tous les sens, n’en finissent pas d’espérer, d’y croire ; elles avancent en chantant, trébuchent encore et continuent d’avancer.

Comme nous toutes, finalement. Je me suis reconnue en chacune d’elles, dans l’énergie, dans la place qu’elles voudraient avoir mais qu’elles n’osent pas toujours prendre, dans leurs contradictions et, bien-sûr, dans ce qui les émeut.

Alors, malgré quelques longueurs ou « baisses de régime » comme s’il avait été difficile au moment de l’écriture de trouver une fin, malgré quelques scènes (rares !) qui gagneraient en densité en allant plus vite à l’essentiel, je me dois de dire que dix jours plus tard, ce spectacle est encore en moi ; je me sens déjà loin de ces vacances un peu hors du temps, je suis revenue de plein pied dans ma réalité et pourtant, il me reste le sourire en coin, les regards, les silences ou au contraire le tumulte du groupe, l’émotion qui passe avec « trois fois rien » (une voix et un ukulélé ont réussi à m’émouvoir jusqu’aux larmes), la vibration de figures acrobatiques si belles dans les airs, le travail sur la chute, l’idée du clan mais aussi de l’entité de chacun, la place que l’on essaie de trouver dans cette drôle de société.

Ce spectacle de cirque est beau, simplement beau…

(La femme de trop. Création collective de la Compagnie Marcel et ses drôles de femmes. Mise en scène : Alba Sarraute Pons. 2015)

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♥Mention spéciale aux choix musicaux qui sont électrisants : la famille n’écoutera plus jamais « Mr Lonely » de la même manière !

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Une réflexion sur “La femme de trop – La compagnie Marcel et ses drôles de femmes

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